UrbaFood : Reprendre le contrôle de la livraison alimentaire
Les frais de service facturés aux restaurants par les grandes plateformes de livraison peuvent atteindre 30 % du montant de la commande, voire davantage selon la formule choisie. UrbaFood est une alternative municipale open source : des frais limités au coût d'exploitation (objectif ≤ 5 %), des données sous le contrôle de la collectivité et une activité ancrée dans l'économie locale.
Maquette illustrative — données fictives
Le coût des commissions
Les frais de service facturés aux restaurants varient selon les plateformes, les contrats et les formules. À titre d'ordre de grandeur, la grille publique d'Uber Eats France va de 15 % à 33 % du montant de la commande selon la formule (30 % pour la formule « Standard »). Source : Uber Eats France, grille tarifaire publique pour les restaurants, consultée en septembre 2026.
trending_down Simulation — commissions mensuelles estimées par taille de commune
Hypothèses (paramètres de simulation, non issus d'une source statistique) : 8 à 15 % de la population commande 1 à 1,5 fois par semaine, panier moyen de 22 à 28 €, commission de 25 à 30 %. Calcul : population × taux d'utilisateurs × commandes/semaine × 52/12 × panier moyen × commission, bornes basse et haute calculées séparément, arrondies au millier d'euros. À calibrer selon les données locales.
20 000 habitants
50 000 habitants
100 000 habitants
300 000 habitants
Ces montants correspondent aux commissions prélevées selon ces hypothèses ; la part effectivement captée hors du territoire dépend de la structure économique et fiscale de chaque plateforme et n'est pas estimée ici.
Travail sans filet
Selon l'ARPE, pour la majorité des plateformes de livraison, le revenu horaire brut en course des livreurs est resté orienté à la baisse ou sous pression entre 2021 et 2025 ; après ajustement à l'inflation, les baisses cumulées demeurent importantes. La directive (UE) 2024/2831, à transposer d'ici le 2 décembre 2026, prévoit une présomption légale réfragable de relation de travail lorsque des faits témoignent d'une direction et d'un contrôle ; ses effets concrets dépendront de sa transposition en droit français.
Pérennité à 5 ans (hébergement-restauration)
des sociétés de l'hébergement-restauration créées au 1er semestre 2018 étaient encore actives cinq ans plus tard (47,9 % pour les entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs).
Perte de souveraineté des données
Lorsque les commandes transitent par des plateformes privées, les collectivités n'ont en général pas accès aux données qui éclaireraient leurs politiques locales : flux alimentaires, zones peu desservies, habitudes de consommation.
chevron_right Sources et méthodologie
Frais de service des plateformes (15 à 33 %)
Uber Eats France, grille tarifaire publique pour les restaurants (formules « Produits du quotidien » 15 %, « Standard » 30 %, « Premium » 33 %), consultée en septembre 2026. Les conditions varient selon les plateformes et les contrats.
Pérennité à 5 ans (hébergement-restauration)
Insee Première n° 2070, septembre 2025, figure 2 : 66,0 % des sociétés et 47,9 % des entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs créées au 1er semestre 2018 encore actives en 2023 (enquête Sine 2018).
Revenus des livreurs
ARPE, « Revenus et temps de travail : analyse de l’activité des livreurs des plateformes de mobilité », édition 2026 (avril 2026). Revenus bruts transmis par les plateformes, hors cotisations, frais et impôts.
Cadre juridique européen
Directive (UE) 2024/2831 du 23 octobre 2024 relative à l'amélioration des conditions de travail dans le cadre du travail via une plateforme (JO L du 11 novembre 2024) : présomption légale réfragable (art. 5), transposition au plus tard le 2 décembre 2026 (art. 29).
Simulation des commissions
Calcul UrbanAppsLab à partir d'hypothèses explicites (voir la simulation ci-dessus), non issues d'une source statistique. Il est indicatif et doit être calibré avec des données locales.
Propre, civique, en marque blanche
Une application en marque blanche, pensée pour une expérience fluide et la transparence des données.
Cinq interfaces, un écosystème cohérent
UrbaFood repose sur une stack technique open source, conçue pour s'héberger sur l'infrastructure d'une collectivité ou d'un hébergeur qualifié. Le projet est en développement : la phase 1 (MVP) est en cours.
App Citoyenne
Commande, suivi en temps réel, historique, paiement.
- checkNext.js (application web)
- checkAffichage transparent des coûts
- checkPaiement par carte
App Restaurateur
Catalogue, réception des commandes, tableau de bord financier.
- checkObjectif de frais ≤ 5 %
- checkExport comptable FEC (phase 2)
- checkCommerces et producteurs locaux
App Livreur
Navigation OpenStreetMap, confirmation de livraison, suivi des gains.
- checkOpenStreetMap et Nominatim (géocodage libre)
- checkPWA React pour les livreurs
- checkMode hors-ligne (phase 3)
Portail Collectivité
Tableau de bord, configuration, gestion des litiges, open data.
- checkNext.js (portail admin)
- checkZones desservies et horaires définis localement
- checkGestion des litiges
API publiques
API REST documentée (OpenAPI / Swagger) pour l'intégration aux systèmes d'information existants. Backend NestJS.
Reprendre le contrôle des plateformes numériques locales
UrbaFood est une infrastructure numérique au service du territoire — pas un produit commercial. La souveraineté s'exerce à quatre niveaux interdépendants.
Souveraineté des données
Conçu pour un hébergement sur infrastructure française ou européenne, sans transfert vers des services soumis au CLOUD Act américain ; conçu selon les principes du RGPD et du Privacy by Design.
Souveraineté économique
Objectif : frais plafonnés au coût d'exploitation (cible ≤ 5 %), affectés au fonctionnement du service, sans rémunération d'actionnaires ni abonnement.
Souveraineté technologique
Logiciel libre (licence open source en cours de définition), API REST documentée, formats d'export ouverts prévus (CSV, JSON, PDF), sans verrouillage propriétaire.
Souveraineté logistique
La collectivité définit les règles opérationnelles : zones desservies, horaires, grille de rémunération des livreurs. Gouvernance envisagée : comité de pilotage réunissant élus, commerçants et usagers.
Hébergement souverain — sans dépendance extra-européenne
Deux modèles différents
Une comparaison structurée sur les critères qui importent aux collectivités territoriales.
| Critère | Plateformes de livraison privées | UrbaFood (objectifs) |
|---|---|---|
| Propriété des données | Opérateur privé, souvent soumis à un droit extra-européen (CLOUD Act) | check_circle Collectivité territoriale — infrastructure française |
| Gouvernance | Décisions unilatérales (tarifs, algorithmes, fermeture) | check_circle Comité de pilotage public envisagé — délibérations transparentes |
| Commission plateforme | 15 à 33 % selon la formule (grille publique Uber Eats France, 2026) | check_circle Objectif ≤ 5 % — coûts d'exploitation |
| Hébergement | Infrastructure choisie par l'opérateur, souvent hors de France | check_circle OVHcloud / Scaleway SecNumCloud ou serveurs municipaux |
| Transparence algorithmique | Algorithmes propriétaires, code non auditable | check_circle Code source destiné à être ouvert et auditable |
| Résilience du service | Dépend des choix commerciaux d'un opérateur privé | check_circle Infrastructure indépendante — continuité maîtrisée par la collectivité |
| Protection des données | Selon l'opérateur, exposition possible à des lois extraterritoriales | check_circle Conçu selon les principes du RGPD — collectivité responsable de traitement |
| Impact territorial | Commissions estimées de 38 000 € à 2 457 000 € par mois selon la taille de la commune (simulation) | check_circle Objectif : frais réinvestis dans le service, open data pour les politiques alimentaires |
| Rémunération des livreurs | Revenu horaire brut en course orienté à la baisse sur 2021-2025 pour la majorité des plateformes (ARPE, 2026) | check_circle Objectif : grille de rémunération publique |
| Licence logicielle | Propriétaire — fermé, sans possibilité d'audit | check_circle Logiciel libre (licence en cours de définition) — mutualisable entre collectivités |
Cinq phases vers une souveraineté complète
UrbaFood est conçu pour évoluer progressivement, de l'expérimentation locale jusqu'à l'interconnexion entre territoires.
Phase 1 : MVP
Application citoyenne, restaurateur et livreur. Paiement carte. Navigation OSM. Portail admin minimal. API REST documentée. Déploiement sur hébergeur souverain.
Phase 2 : Paiements automatisés
Séquestre automatique. Versements différés aux restaurateurs et livreurs. Tableau de bord analytique avancé. Export comptable FEC. Module de gestion des litiges. Application iOS.
Phase 3 : Décentralisation partielle
Nœuds P2P libp2p entre collectivités. Stockage distribué IPFS. Mode hors-ligne pour les livreurs. Kubernetes pour la haute disponibilité. Audit de sécurité PASSI.
Phase 4 : Gouvernance communautaire
Blockchain privée en Proof of Authority, sans cryptomonnaie (hébergement des validateurs : collectivité seule ou plusieurs organisations indépendantes, choix non validé). Smart contracts pour les paiements et la réputation. Vote on-chain sur les paramètres de la plateforme. API open data publique. Intégration monnaie locale.
Phase 5 : Interconnexion entre territoires
Fédération P2P entre collectivités. Interconnexion des blockchains territoriales par un protocole ouvert. Catalogue partagé inter-communes. Standard d'interopérabilité ouvert (proposition DINUM). Mutualisation des coûts d'infrastructure.
Un smart contract par commande, entre le client, le restaurateur et le livreur
Dans l'architecture envisagée (non implémentée à ce jour), chaque commande devient un petit programme inscrit sur un registre distribué. Ses règles sont publiques et s'exécutent automatiquement : ni la plateforme, ni le restaurateur, ni le livreur ne peuvent les modifier en cours de route. Qui héberge les serveurs qui valident ce registre (la collectivité seule ou plusieurs organisations indépendantes) reste à décider : ce choix n'est pas validé.
Le client paie : le montant est bloqué dans le contrat. Personne n'y a accès avant la livraison.
Le restaurateur confirme dans le délai prévu. Sinon, le contrat s'annule et rembourse le client.
Le livreur prend la course et confirme la remise de la commande au client.
Le contrat paie le restaurateur et le livreur selon la grille publique ; les frais de service vont à la collectivité.
Seul un client réellement livré peut noter : la commande inscrite au registre sert de preuve.
Consulter le dossier technique complet
Un dossier technique publié sur urbafood.me, destiné aux DSI, développeurs et responsables de la transition numérique : architecture complète, smart contracts, blockchain territoriale, résilience (8 sections thématiques).
Participez à la conception d'une alternative publique
UrbaFood est un projet en développement, conçu comme un logiciel libre avec et pour les collectivités territoriales. Contactez-nous pour suivre le projet, partager vos besoins ou participer à sa construction.